Rencontre avec les dragons de Komodo dans les îles de la Sonde

L’Indonésie est le plus vaste archipel au monde avec pas moins de 17 000 îles ! Entre Java et Komodo, il y une sacrée trotte. Flavien avait très envie de voir les dragons de Komodo qui se trouvent dans les îles de la Sonde Orientale mais on ne pensait ni avoir le temps, ni l’argent pour se rendre à l’autre bout du pays. Finalement, nous avons trouvé des billets de dernière minute à 70€ chacun avec Garuda Airlines, la compagnie nationale. On s’est donc envolés depuis Kuta Bali jusqu’à la ville côtière de Labuan Bajo sur l’île de Flores.

 

Se rendre sur les îles de Komodo et Rinca

Il faut savoir que les îles où se trouvent les dragons ne sont pas habitées. Il y a plusieurs options pour s’y rendre :

  • La première consiste à faire l’aller-retour sur la journée depuis l’île de Flores. (A savoir qu’en 2019, la visite de l’île coûte 10US$.
  • La deuxième consiste à intégrer la visite des dragons de Komodo dans une croisière de 4 jours/3 nuits entre Flores et Lombok.

Tu te doutes bien laquelle nous avons choisie ! Le nom de Wanua Adventure est revenu plusieurs fois dans nos échanges avec d’autres voyageurs. C’est une compagnie sérieuse et le tout coûte 2 300 000 idr/pers soit 147€ comprenant transport en bateau + transfert à l’arrivée, dodo, nourriture, eau, balade chez les dragons de Komodo, arrêts snorkeling et sorties sur les sublimes îles qui se trouvent sur la route. Cela nous a semblé honnête. Plus d’infos : c’est ici !

Alors attention, petite mise en garde, le mot « croisière » peut faire rêver mais à ce prix-là, c’est dodo sur le pont avec une quinzaine d’autres touristes, sur un matelas fin (parait que c’est bon pour les abdos), avec une petite couverture (on est au niveau de l’équateur, à l’aise) et la nourriture est limite en quantité. Il n’existe à ce jour pas encore de croisière à budget moyen. Soit c’est roots, soit c’est grand luxe.

Notre arrivée à Labuan Bajo

Après les réveils hyper-matinaux des volcans Bromo et Kawah Ijen, et un trajet interminable entre Banyuwangi et Kuta, nous profitons d’une très large grasse matinée jusqu’à 5h du mat’. Blague à part, on a tellement apprécié, tu n’imagines même pas à quel point ! On se rend à pied depuis notre homestay jusqu’au terminal des vols domestiques de Kuta. Notre vol décolle à 7h30 et nous voilà sur l’île de Flores à l’est du pays !

Notre arrivée à Flores
Notre arrivée à Flores

En une petite demi-heure de marche, nous voilà dans le centre-ville de Labuan Bajo. La ville en soit n’a rien de fou. On se rend à Wanua Adventure pour finaliser notre réservation. Le départ se fait le lendemain ! Puis, on se met à la recherche d’un logement. Pas une mince aventure ! On trouve une chambre à 220 000 idr au Gardena Hotel. Le bungalow est très basique, la salle de bain n’a pas de lavabo (vive les bassines d’eau), mais la vue sur la baie de Labuan est très sympa. Bon, la vue dégagée ne saurait durer car les autorités indonésiennes travaillent sans relâche pour dégorger Bali et envoyer les touristes vers d’autres îles. Flores n’échappe pas à la règle et de gros hôtels qui occultent complètement la vue vers la mer sont en train de se construire… Le petit paradis perdu est en train de se transformer en une horreur de béton.

À savoir : les environs de Flores sont parmi les plus beaux de la planète pour faire de la plongée sous-marine. Mais la plupart des sites sont réservés aux plongeurs certifiés Advanced. On a donc passé notre tour pour cette fois

On profite de la journée pour se reposer et on se fait plaisir le soir en allant au resto Baccala. Un resto tenu par un italien qui cuisine uniquement des produits de la mer. Les plats sont copieux et travaillés. On recommande !

Jour 1 de la croisière : à la découverte des dragons de Komodo et Pink Beach

Rdv à 7h30 à l’agence pour un départ à 8h30. Il y a du monde ! On est répartis en 3 bateaux d’environ 22 personnes. À bord, nous sommes 8 français, 4 indiens, 2 anglais, 3 suédois, 2 tchèques, 2 allemandes, 1 québécoise et 4 membres d’équipage indonésiens.

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Avant d’arriver sur Rinca

Direction le parc national de Komodo

Après avoir choisi notre « couchette », nous partons directement voir les dragons de Komodo. Les îles de Komodo et Rinca forment l’essentiel du parc national de Komodo. Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, le parc connait un essor croissant, à tel point que le gouvernement indonésien voulait fermer l’accès aux îles en 2020 afin que la faune et la flore se régénèrent. Aux dernières nouvelles, il s’est ravisé et préfèrerait plutôt limiter le nombre de touristes en faisant passer la taxe de visite de 10 US$ à 500 US$ ! Ah, c’est sûr, des touristes, il y en aura tout de suite beaucoup moins mais des rentrées d’argent en plus ! Ils sont malins. Affaire à suivre…

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L’entrée du parc sur l’île de Rinca, des airs de Jurassic Park?

Le dragon de Komodo, géant préhistorique à la salive mortelle

Le dragon de Komodo est un reptile de la famille des varans. C’est le plus grand lézard au monde. On dit qu’il descendrait des mosasaures, premiers grands reptiles carnivores du secondaire. Il pèse entre 70 et 80 kg et peut mesurer jusqu’à 3 m. Il a une langue fourchue dont il se sert pour sentir et s’orienter la nuit. C’est une espèce endémique d’Indonésie. 4 des 5 îles sur lesquelles il vit font partie du parc national de Komodo.

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Un dragon de Komodo adulte

Il peut vivre jusqu’à 50 ans et est essentiellement carnivore. Sur les îles, il s’alimente de cervidés (présents en grand nombre), de phacochères, de buffles… Pour tuer un animal, il va simplement le mordre et laisser faire les toxines contenues dans sa salive. Celles-ci empêchent la cicatrisation et accélèrent le rythme cardiaque de la victime, aggravant encore un peu plus l’hémorragie. Au fur et à mesure, la proie s’affaiblit et finit par mourir. Ils en vient même au cannibalisme et n’hésite pas à manger de petits komodos qui ont l’instinct de grimper aux arbres après leur naissance pour se protéger… Sympa !

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Arrivée sur Rinca : ces couleurs me donnent envie de plonger dans la mer !

En arrivant sur l’île de Rinca, nous nous faisons guider par un ranger. En effet, il existe plusieurs sentiers délimités et il est impossible de partir à l’aventure en solo. Dès le début, nous voyons un premier komodo qui parait inerte mais qui réagit bel et bien quand on s’approche de lui. On poursuit le chemin qui s’enfonce dans l’île pendant 30 à 40 minutes. L’île en soit est très aride et n’a pas d’autre intérêt que les dragons. On observe différents spécimens mais on doit dire qu’avec Flavien, on s’attendait à ce qu’ils soient encore plus gros. On avait déjà vu des varans en liberté en Thaïlande et, pour ma part au Sri Lanka, et ils ne semblaient pas beaucoup plus petits. L’avantage est qu’ici, il fait très chaud et ils ne sont pas très actifs, ce qui permet de les observer de très près.

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Des komodos qui s’accouplent : ça dure plusieurs heures mais ce n’est qu’une fois par an messieurs !
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Rinca island
Un vieux dragon de komodo
Un vieux dragon de komodo

Après être repartis en bateau, on arrive à Pink Beach, une plage emblématique de l’île de Komodo. Le sable est mélangé à des minuscules fragments de coraux rouges morts ce qui lui donne un aspect rose. Avec le bleu turquoise de l’eau, l’endroit est plutôt pas mal.

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Pink beach, mais si, tu le vois pas le rose ?

Après avoir fait mumuse dans l’eau, on repart pour le cœur de l’île de Komodo où on refait un petit tour pour voir les dragons. Le tour est ultra rapide et on apprend pas forcément plus de choses que sur Rinca mais l’île est beaucoup plus impressionnante. Le soleil commence à se coucher, les couleurs deviennent pastel. On rejoint notre bateau qui s’amarre dans une baie non loin de là et on va y passer la nuit.

Cerf sur l'ile de kom
Un des nombreux cerfs qui peuplent l’île et qui servent de repas…
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Dragon de komodo
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Flavien au débarcadère de l’immense île de Komodo

Jour 2 : Padar island, Manta Point et Gili Banta

Une fois n’est pas coutume. En ce 2ème jour de croisière, le réveil est matinal. Nous descendons du bateau de nuit et randonnons à la frontale pour atteindre le sommet de Padar island et admirer le leveil du soleil. Les couleurs sont sublimes : un dégradé du bleu à l’orange sanguine. La végétation de l’île est ocre en cette saison sèche, ce qui contraste bien avec la mer. La forme caractéristique de l’île en fait un des endroits les plus populaires d’Indonésie sur Instagram. Déjà qu’on est là, autant en profiter ! Nous sommes de retour sur le bateau environ deux heures plus tard, pile à l’heure pour prendre le petit-déjeuner.

Lever de soleil sur Padar island
Lever de soleil depuis Padar island

Aparté écolo : On regrette que personne ne parle de la plage pleine de déchets plastiques rejetés par l’océan en contrebas. Malheureusement, elle est inaccessible et on ne peut pas la nettoyer mais notre conscience écolo en prend un coup : ça nous rappelle l’importance du tri et de la diminution de l’usage du plastique.

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Lever de soleil sur Padar island
La forme caractéristique de Padar island contribue à sa popularité
La forme caractéristique de Padar island contribue à sa popularité

On reprend la route vers Gili Banta. Entre temps, on s’arrête à Manta Point où on peut facilement observer devine-quoi ? Des raies manta ! Bingo. Le bateau s’arrête et nous donne les consignes : tout le monde s’équipe de masques et tubas, si on voit des raies manta, on saute tous d’un coup dans l’eau. Au bout de 3 secondes, on aperçoit une tâche noire, plouf ! On réajuste notre masque et on regarde sous l’eau : WOUAH ! Des raies manta nagent dans le fond. On en voit une, puis deux. Vite, vite, je dégaine ma gopro LCD Hero+ pour immortaliser ce moment unique ! Mince, les raies sont parties (tu m’étonnes, se prendre 22 personnes sur la tronche et perdre sa tranquillité justifie assez bien leur comportement). Les voilà qui réapparaissent mais l’eau est sablonneuse, le soleil tape fort, elles sont tapies au fond, la visi n’est pas au top. Qu’à cela ne tienne. Je filme un court extrait avec la GoPro mais je n’arrive plus à l’arrêter. Rien à faire. Bon, pas grave, on règlera le problème plus tard, on se dit qu’on en profite avec nos yeux. Sauf que voilà les raies manta reparties pour de bon…

On retourne sur le bateau à la fois excités et déçus. On essaiera de récupérer notre GoPro jusqu’au bout du voyage mais une légère fissure sur la coque (surement dûe à une chute) a permis à l’eau salée de s’y insérer. RIP petite GoPro. Tant pis pour les 6 semaines qu’ils nous restent à la mer. On profitera avec nos yeux et les souvenirs resteront gravés là-haut.

On passera ensuite une nuit avec le moteur qui tourne pour arriver à Moyo island au petit matin. Si je ne l’ai pas encore souligné jusque-là, c’est le moment: les bouchons d’oreille sont indispensables.

Presque seuls sur Padar
Presque seuls sur Padar

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Jour 3 : Moyo island

Il faut dire qu’à partir du 3ème jour, l’intérêt de la croisière devient un peu plus limité. Il s’agit surtout d’être transportés jusqu’à Lombok.

On nous fait lever à l’aube (ça en devient tellement facile que je me dis vouloir faire pareil de retour en France), pour se rendre sur Moyo island et profiter de sa superbe cascade. Sauf que je déchante légèrement quand je vois qu’il faut grimper une paroi très raide. Ma cheville va mieux mais pas de là à lui infliger ça. En plus, à on avait vraiment adoré la cascade de Kuang Si près de Luang Prabang au Laos, qu’on avait rien que pour nous et qui nous y fait penser. Flav ne voyant pas l’intérêt de se baigner dans une eau froide restera avec moi en bas, où on discute avec d’autres voyageurs en attendant que le groupe redescende.

Puis on reprend le bateau qui longe le nord des îles de la Sonde. On observe de temps en temps quelques dauphins qui agrémentent la traversée. J’ai 5 ans à chaque fois que j’en vois un sauter ! C’est tellement beau ! Plus on avance dans la journée, plus le Gunung Rinjani de Lombok se dessine. Il nous intéresse avec Flavien puisqu’on a prévu de le grimper quelques jours après. Il a l’air impressionnant mais cela fait bien trop longtemps qu’on a plus randonné et on est prêts ! A la tombée de la nuit, on accoste au large de Pulau Kenawa (Pulau voulant dire « île » en indonésien). Après avoir diné, les équipes nous ramènent sur Kenawa pour passer une dernière soirée musicale avec les passagers des deux autres bateaux de l’agence et autour d’un feu de bois au bord de la plage. On passe un très bon moment à discuter avec des voyageurs du monde entier mais on rentre tôt car demain matin, devinez quoi ? On se lève aux aurores !

Une île-volcan aperçue lors de la croisière
Une île-volcan aperçue lors de la croisière

Jour 4 : Kanawa island et arrivée à Lombok

Après une petite nuit de 6h, on se lève pour retourner sur Pulau Kanawa. Cette fois ce n’est pas pour faire la fête mais pour assister au lever du soleil sur les îles environnantes depuis le sommet de la petite colline. Nous avons les yeux tournés vers Lombok, prochaine étape de notre périple indonésien.

Le volcan Rinjani sur Lombok
Le volcan Rinjani sur Lombok

2 heures de bateau et nous voilà arrivés à Lombok. Le transfert jusqu’aux endroits les plus touristiques de Lombok est compris dans le prix. Nous voilà débarqués à Kuta, réputé pour être encore préservé du tourisme de masse et être un spot de surf à la mode.

Nous resterons à Kuta Lombok (il existe aussi un Kuta à Bali) pour le week-end et devons passer lundi au service immigration de Mataram, ville principale de Lombok, pour renouveler nos visas qui expirent au bout de 30 jours. On adaptera le programme en fonction du nombre de jours que prendra le renouvellement du visa.

Bilan : on a vraiment apprécié cette croisière qui nous a permis de voir les dragons de Komodo de très près. On a pu faire du snorkeling dans des endroits hyper sympas et voir des requins à pointe noire. En revanche, dans le sens Flores – Lombok, après 2 jours de bateau, les paysages deviennent un peu plus monotone et il faut s’armer d’un bon bouquin (et de crème solaire). Si c’était à refaire ? On le referait : 125€ pour 4j/3n sans sortir un centime de plus sur place, c’est quand même très bon marché et on apprécie le fait de se laisser totalement porter.


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