Les plages du nordeste brésilien : nos coups de cœur, nos déceptions

Aaah les plages du Brésil… On s’imagine sous les cocotiers, la caïpirinha dans les mains, les doigts de pied en éventail sur le sable fin devant une mer bleu turquoise chaude à souhait. Et après près de 5 mois de hautes montagnes, de froid, de randonnées, cette période de plages, je l’attendais avec impatience ! Toute la côte du Nordeste qui s’étend de São Luis jusqu’à Salvador de Bahia regorge effectivement de petites pépites. Mais dans le lot, nous avons aussi eu quelques déceptions. Voici celles que nous avons préférées, moins aimées et pourquoi.

Le Brésil est gigantesque et les transports sont trèèès longs. Nous avons donc passé 3 semaines à parcourir les 2650 km de côte nordeste. Nous avons même eu plus de temps que prévu car je me suis faite une sacrée entorse à la cheville gauche qui nous a contraint d’annuler les seules randos prévues… remplacées par des plages… forcément. Au programme : farniente ! Voici les plages dans l’ordre dans lequel on les a découvertes : du nord au sud.

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Les plages du Nordeste : nos arrêts

Jericoacoara ❤❤

J’imaginais Jeri (comme les gens l’appellent ici) plus jolie. Oui, la mer est belle, certes. Mais je ne l’ai pas trouvé à la hauteur de sa réputation. Ce que j’ai surtout aimé en fait, c’est le village qui est agréable et où il y a du sable dans toutes les rues. Dis comme ça, ça parait horrible. (Du sable dans la chambre, le lit, etc) Mais en fait, ça donne un charme super sympa, on se croirait à la plage en permanence, l’ambiance est cool et zen, les petites boutiques sympas… Au bout de la rue principale, il y a « l’allée de l’alcool » qui donne sur la plage : plein de petits chariots avec une liste de cocktails interminable. La caïpi y est à 10Rs soit 2,50€… On ne s’est pas privé ! Sur le chemin depuis Barreirinhas, on a sympathisé avec Christophe et Natacha, des français avec qui on a partagé plus d’un apéro !

Pour en revenir à la plage, oui elle est belle et grande et orientée côté ouest, ce qui donne des magnifiques couchers de soleil. Mais avec les marées, on a intérêt à marcher beaucoup pour trouver un peu de profondeur. Et attention, on s’est fait avoir comme des bleus car on n’imaginait pas le niveau de l’eau monter aussi vite, en barbotant au large. Heureusement, notre voisine de serviette a retiré nos affaires in extremis, mais cela n’a pas empêché nos routards de prendre l’eau…

Il faut savoir qu’en mars, le bleu de l’eau n’est pas paradisiaque. Quand on tape « Jericoacoara », on voit partout des images de hamacs dans une eau limpide. Et bien sache que cela ne se trouve pas à Jeri même mais dans une lagune à quelques kilomètres de là appelée Lagoa do Paraiso. Bien sûr, pour y accéder, il faut payer une excursion.

Il y a deux excursions possibles autour de Jeri : le côté est, le côté ouest. La lagoa do paraiso se trouve côté est. On paie 150 Rs (=35€) la journée pour les deux pour faire un tour en buggy incluant d’autres arrêts. Pour le premier stop, on s’arrête à la Pedra Furada, un espèce d’Etretat en moins impressionnant. Il y a une file énorme pour se prendre en photo en dessous. On aurait passé notre tour mais l’autre couple avec qui on partage le buggy souhaite attendre. Tant qu’à faire, on en a profité pour la photo ! A savoir, cette pedra est accessible en 30-40 minutes à pied depuis Jeri. Cela doit être sympa à faire au coucher de soleil. On continue ensuite vers une première lagune appelée lagoa azul. Et ben, elle n’a d’azul que le nom ! Elle est agréable, l’eau est bien chaude mais ça s’arrête là. Finalement, on se dirige vers la fameuse lagoa do paraiso. On aperçoit les hamacs, l’eau est plus sympa mais non, non et non. Elle n’est pas turquoise.

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Premier stop à la lagoa « azul »… pas besoin de faire un dessin

La plupart des photos qu’on voit doivent être photoshoppés. Petite déception pour cet endroit. Non seulement, ce que je pensais se trouver à Jeri se trouve sur cette lagoa, et en plus, elle n’est pas aussi belle que sur les photos. Bon on a 3h à tuer alors on profite quand même du hamac dans l’eau pour la petite sieste ou pour siroter une eau de coco bien fraiche ! Au retour, on s’arrête dans une autre lagune entre les dunes, c’est sympa mais pas comparable à Lençois.

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La lagoa do paraiso, l’eau est un peu trouble tout de même
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Au retour de l’excursion sur le buggy

Où dormir à Jeri ?

Pescador Pousada de Charme : chambres spacieuses, déco étudiée, salles de bain modernes, bon petit-dej, bien placé dans le centre. 35€ la nuit pour 2. Pas de piscine mais l’océan à 2 minutes de marche. PARFAIT !

Villa Guarani : studios grands et propres à 10 min du centre, pratiques pour cuisiner, bon petit-dej également. Même gamme de prix que Pescador

Où manger à Jeri ?

Sos Açai : on se sert en libre-service et on fait peser son bol à la fin. Super rapport qualité-prix ! On s’en sort avec 250g d’açaï pour 2,5€. Beaucoup moins cher que les glaces et en plus c’est beaucoup plus sain !

Pescador : l’hôtel fait aussi resto et on y mange très bien !

Morro Branco

Après Jeri, nous prenons un bus de nuit qui nous amène à Fortaleza, puis on en prend un autre bus matinal jusqu’à Morro Branco. Que voir ici ? Des falaises ocres et blanches qui donnent sur la plage… En pratique, ce sont juste 200 mètres de dunes plus hautes que les autres avec d’autres couleurs. Si tu as vu autre chose, pas la peine de t’attarder ici d’autant qu’il y a presque la même chose à Canoa Quebrada mais que la ville est plus vivante !

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La plage de Morro Branco
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Morro Branco, Brésil

Où dormir à Morro Branco ?

Pousada Familiar : une pousada avec un jardin avec piscine très agréable. On avait la chambre qui donne sur la mer, le petit-dej est bien copieux pour qui aime le salé ! 150 Rs pour 2 la nuit

Canoa Quebrada ❤

Après la petite désillusion de Morro Branco, on aurait voulu rejoindre directement Praia Pipa mais le plus simple est de faire (encore) un autre arrêt à Canoa Quebrada. On n’avait pourtant pas prévu l’escale. Niveau falaise, il n’y a pas de grosse différence avec Morro Branco. Par contre, des voyageurs hippies ont contribué à faire la renommée de ce village de pêcheur dans les années 80 et depuis, il faut reconnaitre qu’il y règne une bonne ambiance. Le soir, on peut assister au coucher de soleil au-dessus de la dune qui se trouve à l’arrière du village.

Où dormir à Canoa Quebrada ?

Pousada da Lucinha : on se trouve ici chez Lucinha et son mari français Eric qui vit ici depuis plus de 25 ans. La chambre et propre, le jardin à l’arrière est entretenu. Ils sont de très bons conseils et nous ont même facilité notre logement de Praia Pipa à un prix imbattable !

Petit bonus : Eric confectionne des petits gâteaux et les vend à la plage. Après en avoir goûté un très bon, on lui en a acheté plusieurs sortes pour la route… Malheureusement, ils étaient de qualité… inégale…

Praia Pipa ❤❤❤

En planifiant notre voyage, on se rend compte qu’on a prévu beaucoup trop de plages différentes, ce qui nous aurait fait passer la plupart du temps dans les transports et moins de 48h à chaque endroit. Ne voulant pas répéter la même erreur qu’on a faite aux Philippines 2 ans plus tôt, on décide de supprimer des arrêts et Pipa en faisait partie. Mais on a discuté avec une voyageuse suisse à Jeri qui nous a dit qu’à Pipa, il y avait des dauphins qui venaient nager avec les gens jusque dans la baie. Ah bon ? D’un coup, d’un seul, décision était faite de maintenir l’arrêt.

Et finalement Praia Pipa a été notre coup de cœur des plages brésiliennes. Le village est très sympathique avec sa longue rue principale bordée de bougainvillées, de boutiques et de petits restos. Il se trouve en hauteur sur une falaise. Plusieurs plages se trouvent autour de Praia Pipa mais la seule et l’unique que nous conseillons est Baia dos Golfinhos (= baie des dauphins). Pourquoi ? Parce qu’il faut marcher 10 minutes depuis le village donc il y a moins de monde, il n’y a pas de circulation, l’eau est belle, l’eau est chaude et… OUI, nous avons vu des dauphins ! Alors, ils ne nagent pas avec les gens mais ils viennent très proches de la plage au point que j’ai pu en apercevoir en train de nager à juste 8 mètres de moi ! Flavien et moi refusons de nous rendre dans des centres aquatiques pour nager avec des dauphins en captivité. Le jour où on pourra le faire, c’est que ce sera complètement naturel et c’est comme ça que c’est le plus beau !

En résumé, Praia Pipa est une station balnéaire très agréable où il fait bon séjourner quelques jours. On a même décalé notre départ pour rester un jour de plus.

Où dormir à Praia Pipa ?

Pousada Nova Lua : un peu à l’écart de la rue principale mais on a directement accès à la plage au bout de la rue. La chambre est en fait un studio avec kitchenette et c’est propre ! Le tout pour 75 Rs (=17,85€) la nuit pour 2 sans petit-dej. Imbattable !

Où manger à Praia Pipa ?

Nous avons eu 2 coups de cœur dans cette ville. Chose rare au Brésil où on galère souvent pour trouver de la nourriture correcte.

El Farolito : un resto argentin avec une viande épaisse et saignante à souhait. La purée est délicieuse également.

Tapas : un resto fusion entre produits locaux et espagnols. Mais on peut manger sainement en quantité et ça, c’est nouveau au Brésil ! La spécialité de la maison, c’est le thon juste snacké en croûte de sésame. Délicieux.

ET LÀ… C’EST LE DRAME !

En partant de Praia Pipa, on prend un van qui nous dépose dans la ville de Goianinha qui se trouve sur la nationale 101 où passe les principaux bus vers les grandes villes. De là, il nous reste à trouver le bon endroit pour prendre ce bus. On se pose à un premier arrêt mais les locaux nous informent que les bus pour Recife s’arrêtent 200m en amont. Pas de soucis ! On prend nos sacs et on repart. Sauf que CRAC ! Je n’y crois pas ! En descendant de la plateforme, mon pied gauche s’est coincé dans une petite rigole creusée par l’eau de pluie et il a vrillé à 90°. LITTÉRALEMENT. J’ai entendu le crac. J’ai les deux sacs à dos sur moi d’un poids total de 14 kg. J’ai tellement mal que je n’arrive plus à me relever. Pire que ça, je commence à voir des étoiles. Je me connais, après une grosse douleur, quand je commence à tomber dans les vapes, c’est que c’est sérieux et que mon corps veut me « préserver » de la douleur. Des brésiliens se précipitent pour m’aider à soulever mon gros sac à dos, j’essaie de me relever, je ne peux plus poser mon pied. Dieu que j’ai mal ! Flavien qui était parti devant réalise ce qui vient de m’arriver et ni une ni deux ordonne à un brésilien de me conduire à l’hôpital le plus proche. J’essaie de ne pas céder à ce malaise vagal qui veut s’imposer ! Hop ! On me sort de la voiture, j’arrive dans les urgences locales. Ma tension est au plus bas. En attendant mon tour, on ne me donne ni la possibilité de mettre mon pied en l’air, ni de la glace, ni rien de tout ça. Non, je patiente « à la locale » sur un fauteuil roulant qu’on a bien voulu me prêter. Quand enfin vient mon tour, je rencontre le médecin. Celui-ci NE TOUCHE MÊME PAS MA CHEVILLE. Bien sûr, personne ne parle anglais. « Doi ? » me demande-t-il ? Je comprends grâce à l’espagnol « duele » qu’il veut savoir si j’ai mal. « Sim, sim, muito ! ». Il me répond : « ok, x-ray ». Je sentais que je n’avais rien de cassé mais je me suis dit qu’au moins on en aurait le cœur net. Effectivement, une picouse de cul refusée et une radio plus tard, on m’apprend que rien n’est cassé. Premier soulagement. « Pode sair ». Euuuh, on peut partir ? Oui, il m’explique en portugais qu’ils n’ont pas d’orthopédistes sur place, qu’ils n’ont pas moyen d’immobiliser la cheville et qu’il ne peut rien faire de plus. Il me prescrit quelques anti-inflammatoires et basta. Je repars donc sans aucune idée de la gravité de l’entorse, la durée de guérison, rien, niet ! WELCOME TO BRAZIL !

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J’attends dans le couloir de l’hôpital pour passer devant le médecin

Flavien me fait un gros bandage, je mets les chaussures de marche en guise d’attelle. On a littéralement 100 mètres à faire pour choper le bus. J’arrive à marcher en mode escargot. Je suis dégoutée de ce qui vient de se passer. Inattention, je ne sais pas. J’avais bien vu que le sol n’était pas droit. Juste la faute à pas de chance… Il faudra adapter la suite du programme… même si je crois encore à un rétablissement rapide. On prend le bus suivant, on a perdu que 2 heures, je suis triste et en colère à la fois…

Praia do Forte ❤

On le dit tout de suite. On n’y va pas pour sa plage mais pour le projet TAMAR, une contraction de TAtaruga MARinha, tortue marine en portugais. Il s’agit d’un centre de préservation et de conservation des espères marines menacées d’extinction. Le projet compte 20 centres répartis sur tout le littoral dont 11 se visitent. Celui de Praia do Forte est le plus grand. L’entrée coûte 26 Rs et permet des allées et venues dans le centre sur une journée. On découvre plusieurs espèces de tortues marines et surtout des bébés qui viennent de naître. Trop mimi ! On a également l’occasion de découvrir des requins et des raies qu’on peut caresser. C’est tout gélatineux et doux à la fois.

La visite est très intéressante pour les enfants car des panneaux explicatifs les sensibilisent à effectuer des gestes simples pour préserver l’environnement et donc la faune aquatique. Pour les adultes, on avoue que sans guide, on se croirait plus dans un mini-zoo. On conseillerait vraiment de prendre les services d’un biologiste du site si possible.

A part ça, la petite ville de Praia do Forte est assez sympa avec boutiques et restos. On peut aussi s’y baigner mais les plages ne donnent pas vraiment envie.

Où dormir à Praia do Forte ?

Pousada Ana do Forte : bien placée dans le centre, au calme, chambre propre et fonctionnelle. Petit-dej inclus pour 180 Rs (=43€) la nuit pour 2.

Où manger à Praia do Forte ?

Un coup de cœur pour le resto Xica’s Bistro aux spécialités bahianaises. Nous y avons découvert la moqueica de peixe : un ragoût à la sauce coco jaune avec des tomates, des oignons, des herbes… le tout est délicieusement parfumé. Servi avec du riz, de la farofa de banana (une poudre de bananes séchés) et du pirão (une bouillie de manioc).

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Xica’s Bistro, 2ème soir : crevettes à la coco

Morro de São Paulo ❤

A cause de mon entorse, nous avons remplacé à contrecoeur la chapada de diamantina par les plages de Morro de São Paulo, une station balnéaire située sur l’île de Tinharé à 50 km au sud de Salvador de Bahia. On a pas grand-chose à redire : la plage est correcte, l’eau est délicieusement chaude mais le village manque de restaurants corrects, il était difficile de s’y déplacer en béquilles et on a pas vraiment eu le crush avec l’endroit. La preuve : on a pris zéro photo à part sur le bateau en partant !

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Morro de São Paulo depuis la mer

Nous aurions bien aimé découvrir les plages de Maragogi et de Mangue Seco entre Recife et Salvador. Mais les transports ne s’enchainaient pas bien, personne n’était vraiment capable de nous renseigner et quand on ne peut pas marcher, tout devient plus compliqué.

Bilan

Globalement, il faut le dire, les plages brésiliennes sont une grosse déception pour nous. Moi qui m’imaginais caïpi, pieds dans l’eau, samba et autres, j’en ai été loin. Peut-être qu’on est passé à côté mais j’ai trouvé tout d’abord que les plages n’étaient pas si belles. Ok, on commence à avoir un peu vadrouillé et on a largement préféré les plages des Philippines, de Colombie, du Mexique ou tout simplement… de Corse ! Ensuite, tout est cher : les hôtels, les restos. Quand on a une cuisine à dispo, il est très compliqué de se cuisiner autre chose que des pâtes, du riz ou des œufs. Les fruits qu’on trouve au supermarché ne sont pas bons. Puis enfin, il faut passer beaucoup de temps dans les transports pour se rendre dans des endroits sympas. Le mieux, c’est de se limiter à deux ou trois stops, de s’y poser et d’explorer ce qu’il y a à faire autour. On comprend bien que c’est difficile de savoir en avance ce qui va nous plaire. On espère t’avoir un peu aidé avec cet article.


3 réflexions sur “Les plages du nordeste brésilien : nos coups de cœur, nos déceptions

  1. Quelle histoire !!!

    Le lun. 29 avr. 2019 à 19:05, A World to Explore a écrit :

    > stephaworldtoexplore posted: « Aaah les plages du Brésil… On s’imagine sous > les cocotiers, la caïpirinha dans les mains, les doigts de pied en éventail > sur le sable fin devant une mer bleu turquoise chaude à souhait. Et après > près de 5 mois de hautes montagnes, de froid, de randonnées, » >

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