Pucón, un air d’Alpes au Chili

Nous arrivons au petit matin dans un petit village bien agréable, aux allures de stations de ski alpines avec ses chalets en bois et, en arrière-fond, le sublime volcan Villarica aux cimes enneigées. Le temps de déposer les sacs à l’hôtel, de prendre le petit déjeuner et nous voilà repartis à la découverte des environs !

Les Ojos del Caburgua

Vu que la journée est bien entamée et que nous manquons de temps pour faire une des randonnées, nous commençons par prendre le bus Caburgua, en face de JAC dans la calle Uruguay, en direction de Caburgua. Nous nous faisons déposer aux ojos del Caburgua.

Ojos del Caburga
Ojos del Caburga

Nous marchons une dizaine de minutes depuis la route principale avant d’arriver au site où nous acquittons des droits d’entrée (1 500 CLP). De là commence un petit sentier de quelques minutes jusqu’aux fameux ojos. Il s’agit en fait de grands puits d’où sort l’eau limpide et bleu ciel de la rivière souterraine qui provient du lac du même nom. Le tout au milieu d’un petit bois. C’est super mignon !

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Ojos del Caburga, Pucon, Chili

Nous pique-niquons là-bas et retournons sur la route principale pour reprendre un bus en direction du lago Caburgua et de ses plages. En attendant le bus, j’essaie de faire du stop mais sans succès. A 4, difficile de nous caser dans une voiture. Ceci dit, les paysages sont sympas ! Heureusement que le bus finit par arriver !
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Lago Caburgua, playas negra et blanca

Nous descendons à playa Negra et longeons la côte du lac à pied sur 2 km jusqu’à playa Blanca ! La vue sur le lac et ses eaux est bien agréable. Nous nous posons quelques instants sur Playa Blanca pour profiter de la vue. Ce lac a un peu des airs de Gérardmer dans les Vosges et l’eau est aussi turquoise que dans les criques corses.

Les eaux limpides du lago Caburga
Les eaux limpides du lago Caburga

Je teste la température de l’eau qui est étonnamment bonne mais persuadée qu’elle serait gelée, je n’ai pas pris mon maillot. Ce sera uniquement de la trempette pour les pieds. Puis nous reprenons le bus et rentrons à Pucón.

Steph, condamnée à faire trempette des pieds
Steph, condamnée à faire trempette des pieds
Flavien et ses parents à Playa Blanca
Flavien et ses parents à Playa Blanca

Le trajet en bus aller-retour depuis Pucón avec le stop aux Ojos nous aura coûté 2 400CLP par personne.

Thermes

La météo du deuxième jour n’est pas au RDV. Il pleut, ce qui n’est pas idéal pour les randonnées de 5-7 h qu’il y a dans les environs. Comme le beau temps et censé revenir rapidement et que nous voulions de toute façon faire les thermes on s’est dit que c’était le jour idéal. Sauf que des thermes il y en a beaucoup dans les environs à cause de la forte activité volcanique du secteur… on est quand même au pied du volcan Villarica ! Après lecture des différentes descriptions, nous optons pour les thermes Pozones, parmi les moins chères et réputées comme étant les plus naturelles. Nous partons donc du même terminal de bus que la veille en direction de Pozones (pour avoir une place assise assurée dans le bus, viens 15 min avant le départ), terminus de la ligne. Nous payons 8000CLP l’entrée et marchons ensuite une bonne dizaine de minutes avant d’arriver aux premiers bains, creusés dans la roche, plutôt bien équipés avec leurs vestiaires et casiers.

La température est limite trop chaude mais vu qu’il pleut dehors, ce n’est pas désagréable. Il y a d’autres bassins qui ont tous des températures différentes, mais il faut marcher quelques petites minutes en étant mouillé et en maillot de bain… On a manqué de motivation. On a donc mijoté dans le premier bain 1h30 en planifiant notre activité du lendemain avant de nous changer et de reprendre le bus pour rentrer. Le point positif c’est qu’étant en bout de ligne des thermes, on a pu avoir des places assises dans le bus (prix : 3 000 CLP A/R).

Santuario el Cañi

Droits d’entrée 4000CLP. Bus : 3000CLP A/R

On en a beaucoup parlé avec Michel et Sylvie car il s’agit de LA plus belle randonnée du secteur… mais aussi de LA plus difficile. Au programme 7h de marche,1000m de dénivelé positif et autant de négatif. La randonnée est classée comme difficile…[Note de Flavien : pas sûr que les anciens arrivent au bout et comme je n’ai pas téléphoné au notaire on ne voudrait pas les achever tout de suite…] Alors pourquoi souffrir autant ? Cette réserve naturelle de 500ha abrite les plus vieilles forêts d’araucarias (pins patagoniens) du secteur, une faune variée et mène à un mirador magnifique d’où l’on peut observer des lagunes et les 4 volcans du secteur (Villarica, Quetrupillan, Llaima et Lanin). Les anciens sont confiants en leurs performances et décident de se lancer dans l’aventure pour ce dernier jour avec nous. Ils ne pourront dire qu’on ne les avait pas prévenus !

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Des pins araucarias derrière un étang

Nous sommes dimanche matin, le premier bus part à 10h30 et le dernier retour est à 19h… Si t’es bon en maths, en comptant 30 minutes de trajet, ça fait 8h, le temps de la rando et de quelques pauses photos… on a pas beaucoup de marge, ça va être chaud ! Nous attaquons les premiers km sur du plat et les anciens ont mangé du lion… ils sont devant nous et carburent… Oui mais pour combien de temps ? Arrive la première montée, ça monte sec sur plus d’une heure et là, ils font un peu moins les fiérots, ça traine un peu plus la patte… Bon on charrie mais le reste de la randonnée monte sec et on en a bien bavé nous aussi alors avec le poids des siècles… pardon des années… respect !

Un petit passage de plat pour souffler, manger près d’un lac et observer quelques piverts et nous revoilà à remonter de plus belle. On arrive au sommet au bout de 4h30 et la vue valait bien tout ces efforts. C’est magnifique !

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Vue depuis le sommet du Cañi
Vue sur le lac Caburga depuis le sommet du Cañi
Vue sur le lac Caburga depuis le sommet du Cañi

La descente est presque plus difficile que la montée, les genoux morflent mais nous arrivons à l’arrêt de bus un petit quart d’heure avant son passage. Mission accomplie avec de superbes images en tête. Ça valait vraiment le coup.

Le temps d’une bonne douche et nous reprenons des forces avec une belle pièce de viande de 500g et un gratin de pommes de terre par couple. La fatigue se fait sentir et on a tous du mal à marcher jusqu’à l’hôtel. Les anciens boitent littéralement. On a quand même réussi à les ramener entiers (Flavien ne voulait pas de problèmes avec sa fratrie). Je crois même qu’ils sont contents de se débarrasser de nous ce soir car demain nous partons pour une marche de 5h dans le parc Huerquehue.

Parc national Huerquehue

Ça y est on est (enfin) repartis en couple. Ouf ! Les anciens ont déclaré forfait. Bon la vérité c’est que c’était très agréable de passer ce mois avec eux ! Nous partons pour la randonnée des lacs, réputée facile. Sauf qu’on a fait Cañi la veille et qu’on le sent d’autant plus ce matin que ça fait un mois que nous n’avons plus randonné… La journée va être longue ! 600m de dénivelé positif et autant de négatif.

Mirador sur le volcan Villarica, parque Huerquehue
Mirador sur le volcan Villarica, parque Huerquehue

En soit la randonnée n’a pas de grand intérêt selon nous à part quelques points de vue sympathiques sur la vallée en montant ou autour de lago Toro. Hormis cela, rien de bien impressionnant. On hésitait avec celle-ci la veille. Malgré la souffrance, Michel et Sylvie ont bien fait de préférer el Cañi.

 

Cette randonnée a beau être classée comme facile, on l’a plutôt trouvé de difficulté moyenne. Les premiers kilomètres montent bien et par conséquent les derniers descendent bien. Bon certainement la fatigue cumulée de la veille ne nous a pas aidé d’autant que les 5h se sont transformées en 7h et que la descente a achevé nos genoux. A tel point que le soir Flavien boite et que part moment son genou se déverrouille. Moi j’ai mal partout. Et dire qu’on doit partir à l’ascension du volcan Villarica après-demain…

Lago Chico, parque nacional Huerquehue
Lago Chico, parque nacional Huerquehue

Nouvel an à Pucón

On se motive malgré tout à sortir le soir pour se trouver un bon restaurant et profiter de l’ambiance… On est le 31 décembre ! Il faut fêter nouvel an comme il se doit. Après le restaurant nous nous dirigeons vers la plage de Pucón où a lieu le feu d’artifice. Il est très amusant (et original) de voir tous les chiliens se presser vers la plage avec leurs bouteilles de mousseux pour observer le feu d’artifice et fêter la nouvelle année !

Thermes Manituhue, pour se relaxer avant la grande ascension

Nous avons pris l’ascension du Volcan avec l’agence Patagonia experience. Cette dernière est un peu plus chère que certaine mais jouit d’une bonne réputation. En prenant l’expédition chez eux, ils nous offrent le transport et l’entrée dans des thermes qui appartiennent au propriétaire de l’agence. Normalement c’est pour récupérer de l’ascension du volcan. Mais comme on part le jour en question et que tout est fermé en ce premier janvier, on a négocié de le faire avant. Vu notre état après les randonnées de ces deux derniers jour… on apprécie !

Les thermes disposent de plusieurs bains, intérieurs et extérieurs, de différentes températures. On ne recommandera pas forcément l’endroit d’un état moyen. Le revêtement des bains s’effrite et on ne parlera pas des problèmes d’organisation du transport. Mais à cheval offert on ne regarde pas la dentition ! Tu peux également y passer la nuit mais c’est très cher et là encore la propreté n’est apparemment pas leur fort. On ne le recommandera donc pas.

Ceci mis à part, on a pu se relaxer, se masser et récupérer un peu de ces deux jours. Le soir en question on va un peu mieux mais Flavien boite encore et son genou continue à flancher par moment. On ne sait pas trop comment va se passer la marche de 7h demain.

L’ascension du Volcan Villarica, le plus actif d’Amérique du sud

Comme dit un peu plus haut nous sommes partis avec l’agence Patagonia Experience et n’avons pas été déçus. C’est l’incontournable de Pucón avec le sanctuaire el Cañi ! Prix : 90 000 CLP/pers.

Réveil à 5h du matin. RDV à 6h devant l’agence. Le temps d’essayer l’équipement fourni par l’agence (sur-pantalon, sur-veste, chaussures…) et nous voilà partis pour une petite heure de route.

Equipée comme une alpiniste
Equipée comme une alpiniste ou presque

Flavien doutant que son genou résiste aux 6h de marche et aux 1650m de dénivelé, préfère jouer la sécurité et décide qu’on prendra le télésiège pour s’économiser la première heure de montée. Nous arrivons au début du sentier à environ 1400m. Le télésiège est en panne ! Pas d’autre choix que de partir à pied.

La première montée se fait donc sous le télésiège, sur du sable volcanique. Au bout d’une bonne heure, nous arrivons en haut du télésiège. La glace nous entoure désormais et il est temps d’enfiler les crampons et de sortir le piolet. Un petit en-cas et on repart.

Pause pendant l'ascension du volcan
Pause pendant l’ascension du volcan

On nous explique les consigne de sécurité en cas de chute et l’ascension commence. Le volcan n’est pas très haut, le sommet n’est qu’à 2847m. Ça monte bien. La glace, si elle ménage nos genoux, ralentit notre progression. Le rythme est plutôt lent, ça nous économise, ce n’est pas plus mal. On fait de petits pas, de petits virages zig-zag.

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Ca monte sec! 45° d’inclinaison

Le vent, très fort, nous fait perdre l’équilibre et nous oblige à nous arrêter. On a un petit aperçu de ce que peut-être l’alpinisme. On profite d’une pause pour apprécier la vue. Le sommet n’est plus très loin. Le guide nous annonce pourtant encore 2h de montée. Vu le rythme du groupe il nous propose de partir avec un autre participant et un guide pour avancer plus rapidement. On hésite puis on refuse. Vu notre condition il n’est pas raisonnable de vouloir aller plus vite. Au bout d’une heure la pente augmente encore. On est à environ 45° d’inclinaison pour la dernière heure… quand on vous disait que ça montait sec !

Après 30 minutes, on refait une pause. On abandonne le sac à dos pour ne prendre que le strict minimum. Piolet, masque à gaz (pour éviter les émanations toxiques importantes aujourd’hui), appareil photo et on part pour la dernière demi-heure. Le vent rabat les gaz toxiques sur nous, l’effet est immédiat, ça pue, on tousse, on a du mal à respirer. Il est temps de mettre les masques !

Encore quelques minutes et enfin le sommet ! La vue est superbe, il fait beau. On se penche pour observer l’intérieur du cratère du volcan le plus actif d’Amérique du Sud car, il arrive régulièrement qu’on puisse y voir le lac de magma en ébullition… Ce n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui ! On n’aperçoit qu’un petite cheminée dans laquelle on voit une couleur rouge orange vif. On prend quelques photos, on profite de la vue et il est temps d’amorcer la descente.

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Grimpeurs sur le point d’arriver devant le cratère

On récupère nos affaires et descendons encore à pied pendant 15 minutes car la neige ne permet pas d’utiliser la luge tout de suite. Oui, tu as bien entendu. On va descendre en luge ! Et c’est une bonne chose. Non seulement c’est amusant mais en plus ça va beaucoup plus vite et c’est plus facile. Après 15 minutes de descente avec les crampons, on voit bien que tout redescendre comme ça (comme ça arrive parfois) serait difficile. Ce n’est pas notre cas. Il est temps d’enfiler les luges (enfin les pelles en plastiques) et nous voilà partit pour 1h30 de descente bien agréable et amusante.

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Cratère du volcan Villarica

Il nous faut parfois marcher quelques mètres avec les crampons pour passer d’une zone de glisse à une autre. Je suis tellement fatiguée et à bout que je tombe de fatigue plusieurs fois. Je crois qu’on arrive à nos limites physiques. Qu’importe, on arrive quasiment au pied du télésiège. Il nous faudra que 10 minutes de marche pour rejoindre le bus qui nous ramènera à Pucón.

Juste à côté de l’agence, on se rend à un café-salon de thé que j’avais repéré la veille. Le chocolate con crema y rama est une tuerie. Il fait plus de 20 degrés dans la ville mais qu’importe, on a passé la journée sur la glace alors on le mérite.

Profiter de la ville de Pucón

A Pucón-même, la balade le long de l’embarcadère est vraiment jolie et on a une vue imprenable sur le volcan Villarica. De même, si on veut se faire une journée tranquille entre deux randos, on peut passer la journée à prendre le soleil à la plage au bord du lago Villarica.

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Vue sur le volcan Villarica depuis l’embarcadère de Pucon

Bilan : On a tellement adoré notre séjour à Pucón qu’on a hésité à le prolonger de quelques jours. Vu qu’on a un peu d’avance sur le programme c’est jouable. Mais après réflexion, on a fait le tour de ce qu’il y avait à faire dans le coin et on préfère utiliser cette avance pour faire la route des 7 lacs à Bariloche (en Argentine) et pour prendre un peu de marge pour les parcs nationaux du Sud de la Patagonie, où la météo est plus incertaine.

 


Infos pratiques

Où manger ?

Dtoros : Notre coup de cœur. La viande y est tendre et délicieuse. Cuite au barbecue. Un ojo de bife de 350 ou 500g peut largement faire l’affaire pour deux personnes. Les papas gratinadas sont excellentes. Le saumon est aussi pas mal. Les prix sont raisonnables comparés aux autres restaurants si on tient compte du fait qu’on peut prendre une portion pour deux.

Mora : Excellent restaurant de sushi. Un peu cher, mais j’ai comblé mon besoin compulsif qui trainait depuis quelques semaines.

Cafe de la P : Excellente chocolaterie qui propose aussi des pâtisseries appétissantes. Le chocolat chaud con crema y chocolate en rama est délicieux ! Juste parfait après avoir passé la journée sur la glace.

La Fabrika : idéal pour prendre un petit-déjeuner à prix très raisonnable dans un cadre moderne et agréable.

Où dormir ?

Pas de recommandation pour Pucon. Notre logement n’était pas des plus propres et quand même 40€ pour une sdb partagée et une chambre glauque.

Transports

Pour visiter les alentours

Toutes les points d’intérêt des environs de Pucon sont très bien desservis par des bus qui partent depuis la gare routière de la ville, calle Uruguay. Voici les horaires et les tarifs en décembre 2018 :

Venir depuis Valparaiso

Nous avons pris un bus directement de Valparaíso à Pucón. Le trajet dure 12h et coûte 31 000CLP soit 40€

 


Une réflexion sur “Pucón, un air d’Alpes au Chili

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