L’île de Chiloé ou l’Irlande d’Amérique du Sud (et Puerto Varas)

Après Pucón, nous descendons sur l’île de Chiloé, une introduction à la Patagonie chilienne. L’île fait 180km de long sur 50km de large et est encore préservée du tourisme de masse. C’est la seconde plus grande île du Chili après la grande île de la Terre de Feu. Elle possède une tradition et une culture qui lui sont propres. Les paysages de pâturages, fermes et maisons en « écaille » nous font penser à la paisibilité de l’Irlande, une vision qui tranche franchement avec le reste du Chili. Autre similitude avec l’Irlande, elle est presque arrosée d’eau tous les jours de l’année. Mais nous, on a eu de la chance !

Comment y arriver depuis Pucón ?

Depuis Pucon, il existe une ligne de bus directe avec JAC. Celle-ci part à 7h du matin et arrive à Castro, principale ville de l’île, vers 16h. Coût : 18 000 CLP

Que voir et faire à Chiloé ?

Les principales raisons qui poussent à visiter Chiloé sont sa faune, sa flore, l’architecture particulière de ses maisons et sa gastronomie résolument inspirée de la mer.

La faune

Chiloé possède l’une des plus grandes colonies de manchots de Magellan et de Humboldt. Un des meilleurs centres pour les observer se trouve à l’ouest d’Ancud, dans la Pinguinera Puñihuil. Attention, « pinguin » en espagnol est un faux ami et s’avère signifier « manchots » en français.

Dans le reste de l’île et dans la bonne saison, on peut aussi observer des baleines, des orques, des dauphins chiliens et austraux, des lions de mer et de nombreuses espèces d’oiseaux marins.

Un lion de mer à Queilén
Un lion de mer à Queilén

Nous sommes partis en excursion avec Quilun Ecoturismo Marino depuis Queilén pour pouvoir profiter de cette faune. La sortie en mer ne coûte que 17 000 CLP et propose l’observation de la faune marine avec l’explication d’un guide, puis une dégustation de fruits de mer d’une fraîcheur inouïe accompagnés de vin blanc chilien. Avec notre auberge de Castro (voir infos pratiques), nous avons eu une réduction et avons payé 15 000 CLP chacun. Nous avons eu de la chance avec la météo, un peu moins avec les animaux mais c’est la nature. Dans tous les cas, on recommande cette activité !

Les manchots de Magellan
Les manchots de Magellan

Pour se rendre à Queilén : se renseigner sur les horaires de bus depuis Castro, il y en a 5 ou 6 par jour dans chaque sens et coûte 4000 CLP l’aller-retour, soit 5,50€. Nous avons rencontré un couple de retraités français très sympathiques qui nous ont proposé de nous ramener à Castro avec leur voiture de location. On a accepté et on les remercie une nouvelle fois !

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La nageoire d’un dauphin austral
Le volcan Corcovado
Depuis la baie de Queilén, on voit le volcan Corcovado

La flore

Le parc national de Chiloé se compose de forêts qui hébergent de nombreux animaux tels des renards de Darwin, des pudus (le plus petit cervidé du monde) et de nombreuses espèces d’oiseaux. On peut se balader dans ce parc sur plusieurs sentiers qui mènent parfois à des plages bordant le Pacifique. On a passé notre tour pour le coup car il n’y a que quelques sentiers (longs de quelques centaines de mètres) et qu’on trouvait que le paysage ne présentait pas d’intérêt particulier.

Architecture

À Castro se trouvent les fameux palafitos, ces maisons de pêcheur colorées sur pilotis. Le seul moyen d’ observer ceux au nord de la ville est de faire un tour en bateau de la baie de Castro à 3000CLP pour 40 minutes. Ceux qui voudront faire des économies (comme nous) peuvent observer ceux de la partie sud de la ville depuis le mirador rue Chacabuco. A savoir qu’il n’y a qu’à ces deux endroits dans Castro, longs chacun de quelques centaines de mètres, où on trouve ces palafitos. On est un peu loin de la ville de pêcheur des cartes postales…

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Palafitos de Castro
Palafitos de Castro
Palafitos de Castro
Palafitos
Palafitos

L’autre grande attraction de l’île sont les églises en bois, dont seize sont classées au Patrimoine Mondial de l’Unesco. On a adoré celle de Castro d’un jaune clinquant et avec un intérieur chaleureux. Il existe aussi des excursions organisées par des agences pour faire le tour de toutes les églises de l’île.

Iglesia San Francisco de Castro
Iglesia San Francisco de Castro

Puis enfin, la plupart des maisons de Chiloé sont recouvertes de tuiles en bois en forme d’écailles de poisson qui sont censés protéger de l’humidité et du froid hivernal.

Détail des tuiles de bois en écaille
Détail des tuiles de bois en écaille

Les spécialités culinaires de Chiloé

On trouve des fruits de mer et du poisson à profusion à des prix qui restent raisonnables. On a adoré le pastel de jaiba qui est en fait une cassolette au crabe. Bien sûr, on trouve aussi toutes sortes de coquillages et moules locales. Même Flavien qui, d’habitude, n’aime pas les fruits de mers s’est régalé.

Dégustation des fruits de mer pendant la sortie bateau
Dégustation des fruits de mer pendant la sortie bateau

L’autre grande spécialité de l’île est le curanto : un mélange de fruits de mer, de viande, de pommes de terre et de légumes qui cuisent sur des pierres chaudes posées dans un trou creusé dans la terre. Malheureusement, on n’a pas eu l’occasion de le goûter.

Les pommes de terre sont cultivées partout sur l’île et constituent aussi une spécialité.


Infos pratiques

Où dormir ?

Si tu as une voiture de location, le mieux c’est de dormir au calme dans la campagne. Si comme nous, tu n’es pas véhiculé, alors il vaut mieux opter pour une des deux villes principales : Ancud ou Castro. Nous avons choisi la deuxième car elle offre plus de possibilités d’activités et elle est architecturalement plus intéressante.

Un hostel familial qu’on recommande chaudement à Castro : GloberTrotter à 15 min du centre à pied, tenu par Miguel et géré au quotidien par Aurora, une infirmière à la retraite qui est adorable. Elle est littéralement aux petits soins toute la journée et ne perd jamais le sourire. De plus, elle est une cuisinière hors pair et nous a préparé un dîner local : fruits de mer et pavé de saumon en entrée (qui auraient largement pu faire office de plat vu la quantité) suivi d’un agneau de Chiloé cuit au four pendant 4h… Un délice. Nos papilles s’en souviennent encore.

Vue de Castro depuis le mirador Millantuy
Vue de Castro depuis le mirador Millantuy

Où manger ?

Café Magnolia : un délicieux café où il est très dur de résister aux pâtisseries plus gourmandes les unes que les autres. J’ai adoré le gâteau aux noix. En revanche, les salades ne sont pas terribles.

Mercadito : petit resto mignonnet avec vue sur la mer qui propose uniquement des plats autour de la mer. On a adoré le pastel de jaiba.

Croisière dans les fjords chiliens – À savoir

Depuis Chiloé, on peut rejoindre Puerto Natales en bateau en passant par des paysages magnifiques et des fjords mais le ferry met 4 jours et il faut compter minimum 350 USD chacun (réserver bien à l’avance). On peut aussi prendre un ferry pour rejoindre la carretera austral mais on n’a pas choisi cette option car on voulait découvrir la Patagonie argentine. De plus, les transports sur cette route ne sont pas nombreux et souvent réservés à l’avance.

Puerto Varas

En revenant de Chiloé et avant de repasser côté argentin, nous décidons de nous arrêter à Puerto Varas. Petite station balnéaire au bord du lac Llanquihue, la ville est née de l’arrivée des colons allemands au XIXème siècle et l’influence allemande se voit partout ! Architecture, restaurants, culture… La ville est le point de départ idéal pour le parc national de Vicente Perez Rosales, le lago Todos los Santos et faire l’ascension du volcan Osorno qui se voit, par beau temps, depuis Puerto Varas.

Cela promet quelques beaux jours en perspective mais malheureusement, Puerto Varas ne restera pas pour nous comme un indispensable.

Dès notre arrivée, l’hostel réservé nous refuse sous prétexte qu’on a réservé pour 1 personne, qu’on se présente à 2 et qu’il n’y a plus de place. On trouve un autre hostel dans la rue et je remarque qu’il apparait moins cher sur Booking, je montre la différence de prix aux propriétaires qui me bidouillent une excuse à la mords-moi le nœud garantissant qu’à Puerto Varas, tous les hostels font payer la IVA (TVA chilienne) dont les étrangers sont normalement exempts. On pourrait rêver d’un meilleur accueil !

Que faire à Puerto Varas ?

Bon passons aux choses sérieuses, que faire à Puerto Varas ? On souhaitait surtout voir les Saltos de Pétrohué (des chutes d’eau d’une sublime couleur) et faire un tour en bateau sur le lac Todos Los Santos qui prend par moment la forme de fjord sur fond de volcan Osorno enneigé… On se rend donc à l’office du tourisme pour avoir plus d’informations. Il y a en fait 2 bureaux, celui qui se trouve sur le port ne donne tout simplement aucune information et fournit en plus de ça des informations erronées sur les horaires de bus et les points de rendez-vous. De plus, il fait un temps de chien et on n’aperçoit pas du tout les montages autour du lac… Mon impression négative ne fait que se renforcer.

Heureusement, il existe un deuxième bureau de l’office du tourisme où toutes les informations données étaient bonnes. Sauf que pour faire le tour du lac, on apprend qu’il n’y a qu’une seule entreprise qui le fait et à un prix exorbitant : 39 000 CLP (soit plus de 50€) pour le transport A/R, l’arrêt aux Saltos de Petrohué, la traversée du lac jusqu’à Peulla, auxquels il faut rajouter l’entrée des saltos à 4000CLP chacun. Le bateau dépose les gens pendant 3h à Peulla de l’autre côté du lac, où il n’y qu’un hôtel-restaurant assez cher. Par beau temps, on peut au moins profiter des berges du lac mais par mauvais temps, rien à faire. On se laisse la soirée pour réfléchir.

Parque nacional Vicente Perez Rosales

On décide dans un premier temps de se rendre au parc par nos propres moyens avant de voir si la météo s’améliore. Car on peut aussi acheter la sortie bateau directement à Petrohué. On prend un combi à 7h30 dans la rue Verbo Divino et on demande au chauffeur de nous lâcher aux Saltos, 45km plus loin.

Saltos de Petrohué

Ces derniers n’ouvrent qu’à 9h et on est les premiers. Pendant un cours instant, on a le site pour nous tout seuls. Les chutes sont fortes et de couleur bleu turquoise/vert émeraude entourées d’une végétation dense. Mais on ne voit toujours pas le volcan avec les nuages. Tu peux en plus faire deux petits sentiers sur le site qui durent 15 minutes chacun mais il n’y a pas grand-chose à voir.

Saltos de Petrohué
Saltos de Petrohué

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Volcan Osorno
On voit uniquement la base du volcan Osorno depuis les saltos

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Lago Todos los Santos

La traversée vaut à priori le coup par temps clair. Il y a même une possibilité de prendre un bus à Peulla pour rejoindre San Carlos de Bariloche en Argentine. Mais le prix est exorbitant (environ 250 USD). Il est plus économique de revenir à Puerto Varas et de prendre un bus de là.

Pour nous, la météo est déplorable et vu le prix de la sortie, on décide de trouver un petit pêcheur qui veut bien nous emmener faire un tour. On paie 3000CLP chacun pour un tour de 40 min où on aura pas vu grand-chose. On revient plus tôt que prévu à Puerto Varas et on profite de l’après-midi pour se reposer en ayant hâte de retrouver l’Argentine le lendemain !

Infos pratiques

Se rendre à Petrohué par ses propres moyens : aller à calle Verbo Divino et prendre un bus direction Saltos de Petrohué. Ceux-ci passent toutes les 30 minutes. Le dernier retour de Petrohué part à 18h.

Coût : 2000 CLP (3€) par personne pour environ 1h30 de trajet.

Bilan : pour nous Chiloé, bien qu’agréable, n’aura pas été un passage indispensable au Chili (on ne parlera pas de Puerto Varas que nous n’avons pas apprécié, mais sans doute la météo n’a pas aidé). Ayant un peu d’avance, on s’est dit que ça ferait passer le temps mais après être passés à Bariloche en Argentine, on a un peu regretté notre décision. Bariloche est bien plus sympathique et offre un panel d’activités qui nous correspond un peu plus !

Prochaine étape : Bariloche, aux portes de la Patagonie argentine !

 

 

 

 


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