Torres del Paine et le trek du W en 3 jours, challenge accepted !

Et hop ! Après El Calafate, nous reprenons le bus (6h à réserver bien en avance en haute saison) pour repasser au Chili à Puerto Natales, point de départ vers le parc national Torres del Paine. Ce parc, situé au cœur de la Patagonie chilienne est une merveille de la nature. Il s’étend sur 181 000 hectares et comprend glaciers, lacs bleutés et majestueux sommets. Il a été déclaré réserve de la Biosphère par l’Unesco et doit son nom aux 3 pics montagneux appelés « torres » (tours) dans le massif du « Paine », qui sont le clou du spectacle.

La randonnée vers les Torres peut se faire en aller/retour sur une seule journée mais on peut aussi découvrir d’autres parties du parc en faisant le circuit du « W », appelé ainsi pour la forme du sentier, ou même du « O » sur plusieurs jours.

Faire le trek du W… en 3 jours !

D’habitude, ce circuit (voir le plan du parc, la partie sud est en forme de W) se fait entre 4 et 5 jours. En effet, le W, c’est 85 km de sentier,  2000m de dénivelé positif et autant de négatif. Mieux vaut donc prendre son temps, surtout pour pouvoir admirer les paysages.

Mais alors, pourquoi se lancer ce défi fou ? Eh bien l’explication réside dans la politique d’occupation des campings du parc.

Attention à la politique d’hébergement du parc !

Randonner dans le parc, c’est bien beau. Mais on dort où ? Le parc, géré par la CONAF, recense des refuges et des campements gratuits et payants. Il est bien sûr interdit de dormir en dehors de ces emplacements réservés.

À savoir : les campings gratuits sont pleins 3-4 mois à l’avance et sont mal répartis dans le parc. Il faudra forcément passer par un camping payant ou un refuge. Sauf que ceux-ci sont tous gérés par 2 sociétés : Fantastico Sur et Vertice Patagonia. Sur chaque campement, on peut soit payer pour planter sa tente (10$US/pers/nuit), soit payer une tente pré-montée (42$US/pers/nuit – oui, tu as bien lu), soit dormir dans un dortoir en refuge (à partir de 55$US jusqu’à 200$US/pers/nuit – non, toujours pas de faute de frappe).

Pour des raisons évidentes, tout le monde cherche donc à planter sa tente et les places sont prises d’assaut.

Nous en venons donc (enfin) à la réponse du « pourquoi ce défi fou » (désolée, j’aime bien parler :p)

puerto_natales_1
Au passage de frontière Argentine/Chili

Nous n’avions pas du tout prévu de réserver quoi que ce soit dans le parc jusqu’au moment où nous avons rencontré un couple de québécois très sympathique (coucou Marie-Pierre et Olivier 😊) à Sucre en Bolivie qui nous ont alertés sur la nécessité de s’y prendre légèrement en avance. ENCORE MERCI À EUX. Flavien a donc réussi à trouver in extremis 2 nuits dans le camping de Paine Grande qui nous permettait de faire la branche du lac Grey à l’est le jour 1, la branche de la vallée des français le jour 2, puis ressortir du parc, retourner à Puerto Natales et revenir pour faire Torres sur un jour. Ayant prévu quelques jours spare, ceci nous permettait également de prévoir de monter aux Torres avec la meilleure météo.

Sauf que la météo allait à priori être pas trop mal pour la nuit succédant aux 2 premières. A Puerto Natales, par acquis de conscience, Flavien décide de se rendre dans une des 2 entreprises possédant les campings pour demander s’ils ne leur restait pas par hasard une place vacante le 3 février. La réponse : OUI avec des tentes déjà montées soit 82$US pour les deux la nuit. On sait bien que c’est excessif mais en recalculant le tout, on faisait de sacrées économies (on évitait de repayer bateau, bus, nuit à Puerto Natales et nouvelle entrée pour le parc qui n’est valide que 3 jours).

Qu’à cela ne tienne ! On réserve cette 3ème nuit au camping des Cuernos qui nous permet de rester dans le parc et de tout faire d’une traite ! Sans vraiment réaliser l’ampleur de la chose. On se retrouve devant ce défi fou, qui m’a donné quelques sueurs froides.

La promenade de Puerto Natales
Vue de la « promenade » de Puerto Natales

Puerto Natales, point de départ du parc national de Torres del Paine

Nous sommes partis le 29 janvier à 6h30 d’El Calafate (Argentine) pour un tarif de 950$Ars soit 25€ environ. A ce prix-là, le bus est venu nous chercher devant notre hôtel. Petit conseil : ce trajet est très prisé et de nombreux touristes se retrouvent sans bus. En haute saison, il faut acheter son ticket au moins 4-5 jours à l’avance pour être sûr d’avoir des places.

Nous, on ne pouvait pas se permettre d’arriver trop tard car David, collègue contrôleur de Flavien et ami nous rejoint ce jour-là au Chili. Après plus de 17h de vol Paris-Santiago-Puerto Natales, on ne pouvait pas le laisser en plan !

Nous avions prévu 6 jours en tout et il s’est avéré que les beaux jours tombaient pile sur nos jours réservés dans le parc (une chance inouïe quand on connait le climat en Patagonie). On a sagement attendu jusqu’au 1er février dans la ville. Ce qui nous a permis de prendre des forces et de bien préparer le trek : achat des repas, location du matériel, etc (voir la rubrique « conseils pratiques » tout en bas de l’article).

puerto_natales_5
Flavien et David à Puerto Natales

La ville n’a rien d’incontournable mais se balader le long du bras de mer est vraiment sympa. On a pu goûter à quelques spécialités du coin, comme la bière, l’agneau de Patagonie et boire de (trop) nombreux chocolats chauds.

J-1 : se rendre dans le parc de Torres del Paine

On prend le bus depuis Puerto Natales jusqu’à l’entrée du parc (compter 2h). Il faut alors acheter les billets d’entrée et IMPÉRATIVEMENT les faire valider par un guardaparque. Ils ont le pouvoir de vie ou de mort… non, je plaisante, mais mieux vaut il bien s’entendre avec eux et respecter leurs consignes. Nous, on a déjà acheté nos billets en ligne donc il ne reste plus qu’à les faire valider. A ce point-là, il faut aussi montrer patte blanche en terme de logement et justifier de réservation dans le parc. Sans cela, ils peuvent vous refuser d’entrer.

On reprend le bus jusqu’à Pudeto, l’embarcadère du catamaran, seul moyen de rejoindre Paine Grande. (Il y a aussi un sentier de randonnée mais celui-ci n’est praticable que dans le sens parc-sortie). Comme on est large sur le prochain catamaran, on décide de faire une pause dans la cafet. Flavien fait le bon choix de prendre un café mais David et moi prenons respectivement jus d’orange et de pomme, quelle erreur ! Les deux sont coupés à l’eau et bourrés d’additifs plus chimiques les uns que les autres. On espère que le repas du soir que nous avons prévu sera meilleur 😊 On monte dans le dernier catamaran de la journée pour se rendre à notre campement de Paine Grande. L’endroit est déjà superbe, le trajet en bateau sublime, ça promet pour les prochains jours !

torres_del_paine_4
Traversée du lac Pehoe
torres_del_paine_5
Cette photo a convaincu Flav qu’il devait aller chez le coiffeur :p

On débarque directement au campement. Mon dieu que c’est beau. Les couleurs, le lac, les montagnes autour. En plus, il ne fait même pas si froid ! Le check-in se fait sans problème, on peut bien planter notre tente. Ouf ! A 3 cerveaux réunis et sans trop de vent, on arrive assez rapidement à monter la tente qu’on leste avec de nombreuses pierres. Il est grand temps de manger ! Le campement est pourvu d’une grande salle réservée aux repas où on a plaisir à échanger avec d’autres randonneurs et de constater que notre repas du soir -saucisson/vin, risotto, tablette de chocolat- est plutôt luxueux 😊 Depuis l’intérieur, on voit 3 petits renardeaux jouer autour du campement. Trop mignon.

torres_del_paine_6
Montage de la tente : check!
DCIM100GOPRO
Espace restreint pour 3 mais on s’y fait

Après brossage de dent, on s’emmitoufle dans nos duvets, prêts à faire une grosse nuit car le réveil sera matinal le lendemain. Bon, ça c’était sans compter sur des voisins de tente israéliens totalement irrespectueux qui jacassent et rient à haute voix. Flavien se dit qu’ils vont se calmer mais David -vous ai-je dit qu’il était corse?- perd patience et alors même que nous essayons de dormir malgré le bruit, il s’empare de la casserole, commence à taper dessus avec une cuillère et crie dans un anglais, à peine saupoudré d’accent français : « Taïme tout sliiiiiiiiiiip, taïme tout sliiiiiip ». Flav et moi explosons de rire. Moyen pour la crédibilité mais ce moment restera gravé^^ Ne voyant aucun changement, il décide (en bon corse) de sortir de la tente pour en découdre avec eux. Une britannique également agacée vient lui prêter main forte. Le résultat est un peu meilleur, on réussira enfin à s’endormir.

J1 : randonner jusqu’au glacier Grey

Profil de la journée : Réveil à 6h, 32 km et 11h de marche, 840 m de dénivelé.

A quoi ressemble un petit-déjeuner de campeur ? La formule est simple : eau, lait en poudre et flocons d’avoine. J’ai mal dosé le tout, ce qui m’a donné un gloubi-boulga dégueulasse et difficile à avaler. Les garçons se moquent de moi. Mais on a pas le choix, il faut manger ! De plus, la salle repas n’ouvre qu’à 7h, interdit de faire fonctionner le réchaud dans les espaces extérieurs. Tout le monde est privé de café/thé. Le top du top, je vous dis !

Départ à 7h. On redort ici le soir-même, on laisse tous les gros sacs dans la tente. Le sentier ne présente pas de difficultés particulières. C’est surtout la durée qui fatigue énormément. Le départ se fait directement depuis Paine Grande. On emprunte un sentier très bien balisé enfermé dans la montagne. Après une petite heure de marche, nous arrivons à un point de vue qui donne sur le lac Grey. Il faudra encore un peu de marche avant d’atteindre le mirador Grey. Celui-ci offre une belle vue d’ensemble sur le glacier du même nom. Moins impressionnant que le Perito Moreno, il fait tout de même 30m de haut et 6km de large. Et surtout de nombreux morceaux de glace s’en sont décrochés et parsèment le lac. David trouve cela superbe.

torres_del_paine_9
Lac et glacier Grey

torres_del_paine_10

On a pour but final de se rendre au mirador du refugio Grey qui permet de s’approcher du glacier. 2h après le mirador, on y est ! Les morceaux de glace sont énormes, des mini-icebergs. On voit au loin des bateaux s’approcher du glacier, ce qui permet de se rendre compte de sa taille.

torres_del_paine_11
Mirador du refugio Grey

torres_del_paine_12

Mais ici, on ne voit qu’un côté. Et on a entendu dire en chemin, qu’il existe des passerelles qui surplombent la glace. David est carrément partant. Moi, j’ai peur de me cramer pour les autres jours mais je suis. On arrive sur une première passerelle mais c’est la suivante qui vaut le coup, 40 minutes plus loin. « Absolutely amazing » me répondent les randonneurs. Bon, allez… finalement, bonne suprise, après 25 minutes, on y est déjà. C’est superbe ! On se rend compte de l’immensité du glacier dont les tons de bleu varient en fonction du soleil. On prend des photos depuis la passerelle dont la sécurité laisse toutefois à désirer. Un pied de côté et c’est la chute assurée ! Vue la hauteur, personne n’en sortirait vivant. On avance donc très très prudemment en laissant les sacs à terre et en se tenant tout du long.

torres_del_paine_13
Première passerelle
torres_del_paine_14
Vue de la deuxième passerelle sur le glacier Grey

Il est 14h, on prend enfin la pause dej. Il était temps, on avait tous la dalle. Comme on doit gérer le poids de nos repas pendant ces 3 jours, on aura chacun 2 sandwichs de pain de mie (mmmh, ceux qui me connaissant savent comment j’adore ça) avec jambon cru, fromage philadelphia et gouda. Un peu frugal mais ça suffit à redonner de l’énergie. Ce n’est pas tout mais maintenant il faut tout se retaper refaire dans le sens inverse. On arrive au niveau du refuge Grey à 16h où les garçons dégustent un café Nespresso et moi un coca. Un peu de sucre ne peut pas me faire du mal !

torres_del_paine_15
Point de vue de Paine Grande

3h plus tard, on rentre enfin au campement. J’en ai déjà plein les pattes et il reste encore 2 jours comme ça avec beaucoup plus de dénivelés ! Je n’ose même pas y penser. Surtout que je ne veux pas rater les torres. À la base, on est venu pour ça, n’est-ce pas Flavien ?

Les prévisions météo vues les jours précédents semblent se confirmer. Il a fait beau et bon toute la journée (ce qui est exceptionnel pour la Patagonie). On est dégoulinants, la douche s’impose. Plus d’eau chaude, les filles font la file les unes après les autres et chacune crie sous l’eau froide. (Un peu comme Rose quand elle retourne délivrer Jack dans Titanic et qu’elle doit s’immerger dans l’eau – tu vois la scène). Certaines très résistantes m’affirment que l’eau est juste froide mais pas gelée. Ah ouais, ça rassure ça. Après 20 minutes d’attente, enfin mon tour. Verdict : l’eau est GE-LÉE ! Elle vient des glaciers. Bon maintenant que je suis là, j’y vais hein, je vais pas faire ma chochotte. Chez les garçons, c’est pareil. David s’y est collé. Flavien, lui, a préféré se laver aux lingettes bébé. Mouais, niveau hygiène, on repassera.

torres_del_paine_16
Point de vue de Paine Grande

Après cette première (dure) journée de marche, le réconfort du soir est là. Au menu : Tuc sans goût, bouillon au poulet dans lequel on a mis de la semoule et carré de chocolat noir aux amandes. Franchement pas mal.

Les israéliens sont partis. On s’endort sans soucis. Bon sauf que cette fois, on s’est fait réveiller au plein milieu de la nuit par des voisins aux ébats légèrement bruyants. Pas facile la vie en camping !

torres_del_paine_17
Campement de Paine Grande

J2 : El valle del francés et camping los Cuernos

Profil de la journée : Réveil à 5h30, 11h de marche dont 5h avec les gros sacs, 23km, 730 m de dénivelé positif et autant de négatif.

Le petit-dej est le même que la veille. Le gloubi-boulga en moins, le pliage de tente en plus ! Le soir même, on se rend au camping des Cuernos. On doit tout prendre avec nous.

On part vers 6h40 de Paine Grande. En à peine quelques mètres de gros sacs, on s’arrête déjà pour enlever les couches d’habits. On sent qu’il va faire chaud. Les 3 premières heures de marche sont assez faciles en soit mais avec 32km dans les pattes et les gros sacs, chaque petite montée devient difficile. On fait plusieurs pauses sur le chemin qui nous permettent de déguster nos merveilleuses barres de céréales chiliennes. J’aurais payé 10€ pour une barre de Mars ou de Snickers à ce moment-là, c’est dire…

torres_del_paine_18
J2 : Lever du soleil

torres_del_paine_19

On arrive au campement de l’italiano vers 9h30. La vallée du français se fait en aller/retour et le dénivelé est énorme. Inutile de s’alourdir, on laisse nos gros sacs à l’espace réservé pour ça. On comprend au passage pourquoi le camping est gratuit, l’entretien est assez déplorable.

Après une autre pause barre de céréales, on attaque la montée. Celle-ci est plutôt rude. Rochers et racines viennent s’entremêler sur un sentier étroit. A chaque pas il faut regarder ses pieds. Après 1h30 de marche (donc déjà 4h30 en tout), on arrive au mirador del francés.

valle_del_frances

Il est vrai que la vue depuis cette plateforme naturelle est sympathique. Un glacier en face dont on peut régulièrement entendre le vrombissement de la neige qui s’effondre, des pics rocheux dans le dos, un lac couleur bleu turquoise sur la gauche et des montagnes gigantesques sur la droite. Pas persuadée qu’on aura une meilleure vue tout au bout de la vallée, je serais bien restée là mais je décide de tenter d’aller plus loin. Le chemin ne s’améliore pas vraiment. Racines, boue, et cailloux le rendent particulièrement fatigant. On passe en plus devant un point de vue sublime avec rivière déchainée et montagnes dans le fond qui me fait dire qu’aller jusqu’au bout ne fera que mieux me casser pour le lendemain. Je sens que mes jambes ont leur dose. David commence a avoir une douleur au genou. Après une autre heure de marche, on décide de faire la pause dej. Même menu que la veille. Pour la première fois depuis le début du tour du monde, je laisse Flavien aller jusqu’au mirador britanico tout seul.

torres_del_paine_20
Mirador Britanico

David et moi faisons demi-tour, profitons de se reposer au mirador del francés au soleil en attendant Flavien. Il fait particulièrement chaud, on est en short et T-shirt ! D’habitude il faut s’attendre à une température entre 10 et 15 degrés en été. Puis on redescend le dernier tronçon à un rythme assez cool. De retour au camping de l’italiano, on a le plaisir de constater que nos sacs sont toujours là, même la GoPro que j’avais oublié et laissé hyper accessible, ouf ! On remplit les bouteilles dans l’eau de la rivière. Un régal. 10 minutes plus tard, Flav nous rejoint déjà ! Il n’a fait aucune pause ! Quel homme !

torres_del_paine_24
Lago Nordenskjöld

On décide de prolonger le goûter et de partir vers 16h en reprenant nos gros sacs. On longe ensuite le superbe lago Nordenskjöld jusqu’au camping des Cuernos où on arrive vers 19h après avoir fait une autre pause trempette de pied dans l’eau gelée. Ca fait un bien fou.

On découvre notre tente tout confort : matelas épais, petite plateforme en bois, duvets chauds et propres. On paie cher mais au moins on aura pas à remballer notre tente le lendemain matin. Les sanitaires sont loin mais ils sont propres et on a le bonheur de découvrir que l’eau est encore chaude. Vite on en profite, ça ne saurait durer !

La salle repas est riquiqui. Tout est fait pour qu’on achète et consomme dans le refuge d’où on voit des burgers qui font trop envie ! Mais autant s’alléger en mangeant la nourriture qu’on porte depuis 2 jours. On profitera quand même d’un apéro vin pour les garçons et Coca Cola pour moi. Au menu réchaud : soupe de tomates, risotto et chocolat. C’était franchement bon. David, qui boite depuis la descente de la vallée des français, se sent incapable de marcher jusqu’aux Torres le lendemain et à son grand regret décide de ne pas nous suivre. On est hyper déçu, les torres c’est quand même le clou du spectacle et c’était l’objectif principal. Flavien s’en veut un peu de lui avoir imposé ce rythme mais on ne peut plus faire marche arrière.

los_cuernos
Flav prépare le repas aux Cuernos

D’autant plus que pour avoir le dernier bus du lendemain soir, tout en profitant un minimum au pied des Torres, il faut qu’on lève l’ancre à 5h pile. David se console en se disant qu’il pourra faire une bonne grasse matinée, il ne montera pas dans la dernière branche du W et ira directement vers la sortie du parc.

J3 : A la découverte des Torres

Profil de la journée : réveil à 4h30, 12h de marche, 25km, 800 m de dénivelé positif et autant de négatif.

torres_del_paine_345h : Départ dans le noir pour Flavien et moi, après avoir pris le petit-dej. On a 5h de marche jusqu’au refugio Chileno où on compte bien laisser nos gros sacs avant d’entamer la dernière montée jusqu’aux Torres. La première heure se fait à la frontale, petit à petit le jour se lève et on enlève déjà nos couches d’habit. 30 degrés sont prévus dans la journée, du presque jamais-vu dans ce coin du globe. La marche se fait à un bon rythme et on ne croise absolument PERSONNE jusqu’à 10h du matin. A ceux qui disent que Torres del Paine est surchargé, on n’a pas constaté la même chose, du moins sur le W. On traverse des paysages superbes, on a quelques sueurs froides pour passer dans un coin marécageux, on fait des pauses toutes les heures et on arrive à l’heure prévue à la bifurcation avec le sentier principal qui part depuis le refugio des Torres. Je suis trop contente.

Après encore 40 minutes de marche, on arrive enfin au refugio chileno, géré par Fantastico sur. J’essaie de négocier pour qu’ils gardent nos gros sacs mais ils ne veulent rien savoir malgré le fait qu’on ait dormi aux Cuernos aussi géré par eux. Scandaleux ! Bon on s’est dit qu’aucun randonneur n’avait envie de s’alourdir avec un sac qui ne contient que bouffe et vêtements pleins de sueur. On décide de les laisser à côté d’une maisonette en tôle.

Puis c’est parti pour la dernière montée. 2h de marche depuis Chileno jusqu’à la guarderia Torres. Puis encore 1h30 jusqu’au sommet. Mais que vois-je ? Un panneau indiquant qu’il ne reste plus que 45 minutes ? Je n’ose pas y croire. La dernière montée est très très très ardue. Heureusement que des sources d’eau coulent un peu partout pour nous désaltérer et nous hydrater. Car oui, la température atteint au moins 28 degrés. Je décide même de finir en brassière car ce n’est plus tenable.

torres_del_paine_29
Torres del Paine

45 minutes plus tard, c’était donc vrai, on arrive au mirador des Torres ! Le temps est magnifique et nous offre des couleurs spectaculaires. Un ciel bleu azur sans aucun nuage, un lac d’un bleu turquoise laiteux et ces fameuses Torres qui se dressent là telles des tours de cathédrale. WOW ! On pense à David, qu’on a laissé dans la vallée.

On reste 1h30 là-haut à profiter du spectacle de la nature.

torres_del_paine_25

En redescendant, on ne peut pas aller à notre rythme. Le sentier est très étroit et des files d’attente se forment pour que les gens se croisent. Ceux qui viennent voir les torres sur une journée sont bien là ! On met 1h à rejoindre la guardaria de la torres, 1h45 de plus pour le camping du Chileno où nos sacs nous attendent bien sagement. Puis, après une dernière pause barre de céréales/pomme, on remet nos sacs sur le dos et on se dirige vers la sortie. Le chemin nous semble hyper facile et je prends même du plaisir. À 17h30, on arrive même au niveau du refuge des Torres. Quel bonheur d’avoir enfin fini ce trek éprouvant.

torres_del_paine_31
Sur le chemin retour

ON L’A FAIT !

Le trek du W en 3 jours. On est hyper fier de nous mais ce trek se classe directement comme le plus difficile du tour du monde de par son intensité. On le répète, si tu peux, prévois au minimum 4 jours. Ca ne sert à rien de le faire en courant comme nous.

On rejoint David puis on prend le bus jusqu’à Puerto Natales. Ce trek est enfin dernière nous, place à la suite des vacances 😊

torres_del_paine_33

Conseils pratiques

Se rendre à Torres del Paine

  • Où acheter les billets ?

Soit directement en ligne sur le site de la conaf : http://www.parquetorresdelpaine.cl/es/ mais ceci a un inconvénient : il faut choisir ses dates en avance.

Soit au bureau de la CONAF dans le terminal de Puerto Natales et en dernier recours à l’entrée du parc mais on déconseille car il y a trop de monde.

  • Tarifs du parc

Prix d’entrée : 21 000 CLP en 2019 soit 28€ valable 3 jours consécutifs. Il n’y a pas de contrôle à la sortie donc on peut rester autant de temps qu’on veut dans le parc avec une seule entrée. Mais si on ressort, il faut impérativement y retourner dans les 2 jours suivants ou repayer une entrée.

Prix du catamaran : 20 000 CLP l’aller simple et 30 000 CLP ( env.40€) l’aller-retour

horaires_cata
Horaires du catamaran
  • Comment se rendre au parc ?

Il faut acheter son billet de bus au terminal de bus de Puerto Natales. Compter 30 000 CLP l’A/R et 2h de route. Toutes les compagnies pratiquent les mêmes tarifs. On peut réserver le bus la veille.

Préparer le trek du W

  • Où réserver son emplacement dans le parc ?

Toutes les infos sur le site de la CONAF qui explique très bien quels campings sont gratuits -et donc réservables sur leur site- et lesquels appartiennent à des compagnies privées auprès desquelles il faut réserver.

  • Comment se ravitailler en eau ?

L’eau descend directement des nombreux glaciers. On n’a qu’à mettre sa bouteille et se servir. Aucun risque d’en manquer dans le parc, il y a des cours d’eau partout. Un régal !

  • Je n’ai pas de matériel de camping, comment faire ?

Si on veut dépenser de l’argent : se loger en refuge ou louer des tentes déjà montées. Sinon, on peut louer son matériel de camping à Puerto Natales à des prix raisonnables. On a pris tente, matelas en mousse, réchaud, gaz et set cuisine pour 26€ pour 3 et pour 3 jours. Soit moins de 3€/pers./jour.

  • La nourriture 

On peut manger dans les refuges du parc mais c’est très cher. On a décidé d’emmener toute notre nourriture. Aucun de nous n’est un pro du camping, au contraire ! On a donc essayé de trouver les meilleurs menus avec un rapport poids/nutrition/calories/saveur et on a fait les courses au supermarché de Puerto Natales. Voici la composition de chaque repas par personne :

  • Petit-dej : lait en poudre, eau (eau potable sur place) et avoine.
  • Goûter : barres de céréales, mélange noix/fruits secs et une pomme par jour/pers.
  • Déjeuner : 2 sandwichs jambon cru, fromage philadelphia, gouda
  • Dîner: soupe lyophilisée + risotto déshydraté ou bouillon de poule avec semoule + carreaux de chocolat

Tout était franchement pas mal 😊

  • Vaut-il mieux entamer le trek du W par les Torres ou par le lago Grey ?

Nous, on aime bien garder le meilleur pour la fin. Sauf qu’à la fin, on est souvent cramés. Donc c’est vraiment à toi de voir. Si on l’avait fait en commençant par les Torres, David aurait au moins pu les voir :/

  • Faut-il un guide ?

Non, les sentiers sont très bien balisés. Tout peut se faire en autonomie en respectant bien sûr les règles très strictes du parc.

  • Choisir la météo 

Avec la nécessité de réserver en avance, ceci n’est pas valable pour les randonneurs du W. En revanche, pour faire Torres del Paine sur 1 journée, autant prévoir de rester à Puerto Natales 3 jours et de choisir le meilleur jour pour monter.

Coup de gueule sur la gestion des hébergements : les deux entreprises pratiques des prix exorbitants pour leurs logements. De plus, après avoir été sur place, même quand ils disent que c’est plein, il reste énormément d’espaces libres. Même si on comprends qu’ils doivent avoir des quotas pour réguler le flux de randonneurs, il est honteux de ne pas garder un sac alors même qu’on a dormi dans un camping appartenant à la même entreprise la veille.

Bilan : ce trek aura été le plus dur de ce tour du monde par son intensité. Mais dieu que c’est beau ! Ces glaciers, ces lacs turquoises, ces icebergs, cette végétation, cette faune, ces montagnes, ces couleurs… Selon nous, c’est un coin à ne pas manquer. Mais sache que Torres del Paine, c’est vraiment l’usine à touristes. Tout est très cher. Il faut hyper bien s’organiser en amont pour éviter de dépenser trop d’argent ! Et puis, on doit dire qu’on a eu une petite préférence pour El Chaltén en Argentine. Là-bas, randonner est gratuit, on est pas pris pour des vaches à lait, les informations sur le parc sont fiables et les paysages sont tout aussi sublimes.


Infos pratiques de Puerto Natales

Où dormir à Puerto Natales ?

Pas évident de trouver un logement correct et à bon prix. Toute cette région de Patagonie est prise d’assaut pendant l’été austral. J’ai cependant réussi à dégoter un logement correct où il faisait bien chaud à Refugio Bulnes hostal à 25€ la nuit  sans petit-dej pour une chambre de 3, sdb commune et cuisine à dispo. Seul bémol : il y a juste un micro-ondes, pas top pour cuisiner.

Au retour du parc, on a dormi à Hostal Viento Austral, très correct aussi, 31€ pour 3 mais la sdb est privée et le petit-dej est compris. Un peu loin du centre cependant.

Où (ne pas) manger à Puerto Natales ?

On a essayé plusieurs restos jusqu’à en trouver un correct ! Globalement, la nourriture est chère est pas folichonne (comme partout au Chili). On a testé l’agneau de Patagonie, la spécialité du coin !

Les +

Café Artimaña : bon, copieux, proprio hyper sympa ! On y est retourné 2 fois !

Chocolateria Patagonia Dulce : un salon de thé où déguster des chocolats chauds maison et des pâtisseries. Le chocolat manquait un peu de goût et d’épaisseur mais il était toutefois très correct.

Cerveceria Baguales : une institution à Puerto Natales. On y vient pour ses nombreuses bières brassées sur place. Sur les tables, on retrouve le plan du parc national de Torres del Paine. Un bien bel endroit pour bosser son itinéraire !

Pizzeria Mesita Grande : un délice! On l’a malheureusement découverte trop tard. J’ai rêvé d’y retourner pour me prendre une crème brûlée pendant les 3 jours de trek et on est arrivé trop tard le dernier soir. Elle avait fermé 5 minutes avant… Mais sinon les pizzas sont vraiment savoureuses et les prix sont corrects. Propose aussi salades, tartares, etc

Les –

Kawesqar Cafe Restaurant : une déception ! Pourtant bien noté sur Tripadvisor, l’agneau était assez sec mais il a eu le mérite de nous nourrir vu la quantité servie !

El Living : café, salon de thé à la déco cosy. On y mange bien (sandwichs, soupes maison, plats frais, gâteaux) mais comme les quantités sont riquiqui, on a tendance à recommander et ça revient vite cher au final.

Prochaine étape : Punta Arenas

 


5 réflexions sur “Torres del Paine et le trek du W en 3 jours, challenge accepted !

  1. Wow, vous êtes des machines d’avoir fait le W en 3 jours. Félicitations à vous deux. Je suis contente que le trek s’est bien passé au final.

    J'aime

Répondre à Maripier (québécoise) Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s